Le corps : aux sources de l’affectivité

Le corps : aux sources de l’affectivité
Article de Violaine De Clerck

Extraits de la conférence présentée au congrès « Soigne mon corps, ma tête est malade »
22 et 23 mai 2008 à Liège

Des réponses à une question si fondamentale

Je lis dans l’argument de ce congrès:
« De même tous les « psy » sont confrontés à des enfants ou des adultes qui vivent des situations extrêmement difficiles mais dont le verrou émotionnel est tel qu’il empêche une approche verbale d’arriver jusqu’à eux. En effet, il ne suffit pas d’avoir décelé l’origine psychologique ou relationnelle d’une souffrance pour qu’elle puisse être travaillée avec la personne concernée ! Il arrive que des personnes aient dû, pour survivre, apprendre à refouler leurs émotions pendant tellement d’années que leur corps et leur tête n’entrent plus en relation… ».

Voilà exactement le problème que Wilhem Reich d’abord et Alexander Lowen à sa suite se sont attachés à résoudre tout au long de leur vie.
En 1930, soit il y a environ 80 ans, Wilhem Reich développait la première thérapie «psycho corporelle» occidentale, la « végéto thérapie caractéro analytique». Voilà 80 ans qu’il mettait en évidence l’existence d’un verrou émotionnel et développait des moyens de le résoudre. Nombre d’approches psycho corporelles s’appuyent sur ses travaux et parmi celles-ci, l’analyse bioénergétique fondée en 1956, par Alexander Lowen.
L’analyse bioénergétique apporte des réponses à différentes questions posées ici :
« -Quand l’enfant est coupé de ses émotions : comment le reconnecter ?
-Quand le corps de l’enfant a été maltraité, traumatisé, utilisé comme objet sexuel
-Conséquences somatiques à l’age adulte des souffrances vécues dans l’enfance ».

Comment cela a t’il commencé : découverte du verrou

Reich est étudiant en médecine lorsqu’il rencontre Freud en 1920 en tant qu’auteur original en matière de sexualité. Reich est conquis, commence une psychanalyse et devient rapidement psychanalyste. Lors du congrès de Vienne de 1924 les psychanalystes sont déçus par les résultats de la psychanalyse, et mettent en place le séminaire technique chargé de travailler cette question, Reich va le diriger. Les échecs comme les réussites sont examinées.de près C’est dans ce contexte qu’il va mettre en évidence l’importance fondamentale de l’inhibition émotionnelle pour le succès de l’analyse. Cette importance n’avait pas échappé à Freud qui savait que pour qu’une véritable prise de conscience produit une réaction affective : ce dont sont incapables les personnes verrouillées émotionnellement.
Mais Reich va aller plus loin, et en s’intéresser de près a cette inhibition émotionnelle. Il va observer qu’elle est toujours accompagnée par des attitudes corporelles figées, rigides.
Ces attitudes corporelles figées sont produite par des crispations musculaires chroniques Il trouve là la clef du verrou émotionnel.

Les crispations musculaires chroniques

Les crispations musculaires chroniques sont des réactions involontaires de défense. Elles réduisent, ou même suppriment les sensations, en même temps qu’elles empêchent l’expression en bloquant la poussée énergétique. Reich a appelé l’ensemble des crispations chroniques “cuirasse”. Comme une cuirasse, ces crispations protègent des impacts venant de l’extérieur mais elles entravent tous les mouvements. Elles opèrent comme un bouclier interne qui a protégé la personne au moment où elle ne pouvait échapper autrement a des sensations insupportables. C’est ce que les personnes expriment quand ils disent : « je me suis durci ». Cette protection qui devrait n’être que temporaire devient chronique lorsque la personne, enfant ou adulte reste trop longtemps soumise aux sensations perturbantes ou lorsque la réaction naturelle l’atteinte a été tellement intense que le sentiment de sécurité a été perdu.
Les crispations chroniques impliquent la musculature lisse et/ou striée, la motricité respiratoire, Les crispations chroniques peuvent aussi altérer à bas bruit le fonctionnement de certains organes en perturbant chroniquement leur spasticité. (l’appareil digestif, génital, etc.).
Nombre de nouvelles approches thérapeutiques “psycho-corporelles” font références aux crispations chroniques comme substrat des difficultés émotionnelles et des malaises existentiels. Les crispations chroniques réduisent en retour, parfois de façon dramatique, la capacité de gérer les émotions. Elles réduisent entre autre la fonction du corps d’être un contenant pour les émotions.
Elles sont à la fois résultat de l’histoire et la cause de la perduration du passé dans le présent.

Les expériences affectives sont des évènements corporels.

En même temps que Reich comprenait le mécanisme corporel du verrou émotionnel, il mettait en évidence l’importance de la dimension corporelle de l’affectivité.
Cette réalité que les expériences affectives, sont des évènements corporels, chacun en fait l’expérience. Les expériences affectives englobent les émotions intenses comme la peur, la colère, la joie, ou celles plus subtile comme la confiance et la sécurité. Les évènements corporels dont on parle ici ne concernent pas ce que la science et en particulier les neurosciences nous révèlent ces dernières années, à savoir les mécanismes biochimiques impliqués dans les émotions.
Les processus corporels mis en évidence par Reich sont des évènements perceptibles et observables. Les processus corporels mis en évidence par Reich sont des évènements perceptibles et observables. Il s’agit de mouvements musculaires, impliquant la musculature lisse ou striée, des mouvements respiratoires, des réactions végétatives et énergétiques. Ces mouvements sont faits tantôt de spasmes très visibles (comme dans le rire), ou de frémissements subtils comme dans l’émotion esthétique. Elles sont la réaction de l’organisme vivant qui a besoin de décharger un afflux d’énergie suite à une stimulation. C’est un mécanisme d’autorégulation tout à fait spontané.
Ce sont ces mouvements qui sont bloqués par les crispations chroniques, et c’est pourquoi elles produisent de l’inhibition émotionnelle

Lien inhibition sexuelle, émotionnelle et respiratoire

Reich a observé très finement et très justement que dans toutes les émotions, comme dans l’expérience du climax du plaisir sexuel, il se produit un mouvement qui implique le corps tout entier autour de la charnière de la région de l’épigastre et du diaphragme, et dans lequel le segment de la tête et du bassin se rapprochent et s’éloignent successivement. Il a appelé ce mouvement le « réflexe orgastique ».
C’est un mouvement qui produit une décharge et une détente particulièrement profonde, qui ne se produit que lorsque le mouvement se produit tout à fait spontanément.
Ce même mouvement se produit de manière subtile à chaque respiration (quand celle-ci n’est pas entravée par des crispations chroniques).
C’est ce réflexe « orgastique » qui est réduit, voire totalement bloqué, par les crispations chroniques. Ces observations ont permis de comprendre qu’il y a un lien direct entre l’inhibition émotionnelle et sexuelle, et que les deux phénomènes sont toujours accompagnés d’une restriction de la respiration.

Les émotions sont l’expression de la vie en nous

Reich conçoit enfin que les émotions sont l’expression de mouvements de l’énergie vitale qui pulse au fond de chaque être humain. Il partage ici la vision de Freud que au coeur de la personne il y a de l’énergie : la libido. Cependant ici, on considère que la libido n’est qu’une des voies d’expression de l’énergie vitale. C’est cette énergie vitale que Reich a appelé « bioénergie ».
Cette énergie est en mouvement constant ou alterne des moments d’expansion et de contraction. Ce sont les mouvements de cette énergie que nous ressentons au niveau du corps comme des sensations de courant, de flux, de pulsations, de vibrations et frémissements, et au niveau psychologique comme des émotions et des sentiments.

Identité fonctionnelle du corps et de l’esprit

Reich apporte un éclairage fondamental à la compréhension du psychisme et du lien entre le corps et l’esprit. Le psychisme humain, parce qu’il s’enracine dans les expériences affectives émotionnelles, n’est pas une entité séparée du corps. Il est à sa base, un continuum psychosomatique dans lequel processus corporels et mentaux sont profondément reliés. Reich est considéré comme le fondateur de cette conception de l’identité fonctionnelle du corps et de l’esprit.
L’être humain au niveau de la conscience de soi, peut séparer expérience corporelle et mentale. En effet il a cette capacité spécifique de pouvoir s’observer comme de l’extérieur, et de se dissocier de l’expérience pour la nommer. A ce niveau nous sommes divisés entre l’instance qui analyse ce que nous ressentons et l’instance qui éprouve des sentiments, passions, émotions. Cette division inhérente à la condition humaine est liée à la faculté du langage et de la pensée faite de mots et de symboles et la capacité de créer des concepts. Cette division est à la base du développement de cette instance psychique que nous appelons le Moi. (c’est une expérience de surface). Elle nous permet de nous séparer de notre expérience. Si la pensée nous permet de mettre des mots sur les sentiments, l’émergence du sentiment lui même échappe à notre volonté.
Notre conscience a le pouvoir de bloquer les sentiments.Le Moi de la personne peut se placer au dessus de sa condition instinctive. L’humain est le seul organisme vivant qui possède une volonté consciente et une conscience de soi qui lui permette de post poser une action. Ses pensées peuvent intervenir dans le sens de contrer ses instincts. Certes pouvoir dominer ses instincts est nécessaire, de même que faire preuve de volonté même au dépend du corps.
Mais, au niveau de l’existence de l’émotion et du sentiment, le corps et l’esprit, sont indissociables. Quand une personne est en colère, ce n’est pas son esprit qui est fâché et son corps qui frappe. A ce niveau les pensées sont déterminées par l’expérience émotionnelle.
Cette unité du corps et de l’esprit est liée à la faculté de nous émouvoir. Nous ne devons pas penser pour vivre une émotion.
De la même façon, nous captons immédiatement et sans passer par la pensée qu’une personne est triste quand elle pleure.
Nous ne pouvons pas créer le sentiment par la pensée. Nous ne pouvons pas décider de tomber amoureux de telle personne à tel moment.
Le travail verbal a des limites lorsqu’il s’agit de produire un changement à ce niveau si involontaire de la personne. Reich et à sa suite Lowen, ont considéré qu’un travail par le corps le permet, et, ils ont développé du travail corporel thérapeutique.
Cette unité corps esprit est à la base de l’instance psychique qu’on appelle le Soi elle est vécue comme une expérience située en profondeur (on va désigner le ventre comme le lieu de cette instance). Le Soi s’enracine dans les sensations corporelles. Elles fondent l’expérience d’être un individu, et d’être à la fois séparé et relié aux autres êtres humains. C’est par elles que nous nous sentons vivants et que la vie fait sens.
Dans l’expérience émotionnelle profonde les frontières du Moi s’estompent. Cette expérience est ressentie comme un « abandon », un « lâcher prise », on ressent qu’on « se laisse aller ». Ce sera fort difficile voire impossible à faire pour les personnes dominées excessivement par leur volonté.
Le Soi et le Moi sont deux pôles de la personnalité, leur équilibre détermine l’équilibre de la personnalité de la même façon que le bois et la corde font l’équilibre de l’arc.
Une particularité de notre civilisation occidentale et de la culture moderne est la tendance à s’identifier plutôt à l’esprit au Moi et à la faculté de penser, (“je pense donc je suis”) au détriment du Soi et de la qualité d’être..Le clivage corps esprit qui en résulte est soutenue dans notre culture te produit nombre de troubles psychiques et corporels. D’autres sociétés ont développé des tendances culturelles qui n’opposent pas corps et esprit et ont gardé contact avec cette réalité du leur profond lien Elles donnent une place au corps et à sa vitalité dans les pratiques spirituelles et la quête de l’équilibre psychique ou la sagesse s’accompagne de pratiques corporelles. Le yoga, le taichi, le souffisme, etc....en sont des exemples. Le succès que ces pratiques rencontrent chez nous montre le grand besoin dans lequel nous sommes. La présence actuelle du corps dans le social et la surexposition du corps sexué exprime plus une nouvelle tendance à
instrumentaliser le corps et la sexualité qu’à leur donner la place du corps qui leur revient.
Les crispations chroniques sont la base corporelle qui sous tend et maintien le clivage corps esprit ainsi que toutes les perturbations du continuum psychosomatique de la personne.

La végétothérapie- caractéro- analytique de Reich

Reich va modifier progressivement la technique psychanalytique en fonction de ses découvertes. La première modification reste verbale (exemple de sourire figé), il met en évidence les attitudes rigides formelles des patients, avant de proposer des interprétations de contenu. Cette technique faisait partie de la psychanalyse en tant que « analyse caractérielle »).
En 1930, Reich franchit le pas décisif de travailler corporellement dans le cadre de l’analyse. Il pense qu’il faut ajouter à la méthode verbale du travail physique pour réduire les crispations chroniques, la cuirasse défensive (cuirasse caractérielle) et les restrictions de la respiration. (Reich sera exclu de la société de psychanalyse).
Le travail se fait le patient allongé, par des pressions de la main et une technique respiratoire. Chaque segment corporel est travaillé à la suite l’un de l’autre et dans le sens de commencer par la tête et terminer par le bassin.
Le travail corporel s’accompagne d’une mise en mots, de mise en lien avec l’histoire de la personne telle qu’elle s’est passée et telle qu’elle se reproduit dans le transfert.

L’analyse bioénergétique de Lowen.

Alexander Lowen va poursuivre la voie ouverte par Reich de combiner travail verbal et corporel. La notion de cuirasse est remplacées par celle de « structure caractérielle » Chaque structure est l’ensemble des défenses que la personne a mis en place pour survivre à une ou plusieurs perturbations (blessures) fondamentales, et qui est devenue chronique.
Les principales perturbations ou blessures sont : l’hostilité ( la menace pour la survie), la manque affectif (abandon, perte, déficit de contact et d’affection), l’humiliation (dépossession de soi par la violence, la séduction ou l’étouffement), l’abus (narcissique, physique et/ou sexuel), la répression de l’affirmation de soi et de l’autonomie, le rejet des sentiments (la trahison).
La thérapie va comprendre une phase de « lecture du corps » qui permet avec la personne de mettre en évidence ce que les attitudes corporelles expriment.
Ensuite il y aura du travail à trois niveaux : perception de soi, expression de soi, possession de soi. Le travail d’expression de soi, de déblocage des émotions a été le plus connu au moment ou l’analyse bioénergétique a été assez connue (dans les années septante). Le travail pour contenir les émotions est moins connu. Il est actuellement devenu une part plus importante du travail car la culture moderne qui se développe tend à pousser au passage à l’acte et à l’instrumentalisation des émotions fortes et de la catharsis. (film violents)
Le travail corporel s’intègre, faut il le rappeler, à du travail verbal dont l’analyse du transfert qui fait partie intégrante de l’analyse bioénergétique.

Développement récent de l’analyse bioénergétique : les trois dimensions de la thérapie

Alors que les approches dites « psychocorporelles » se sont développées, certaines sur base des travaux de Reich, rares sont celles qui comme l’analyse bioénergétique, proposent un travail de fond qui intègre un travail sur le plan du transfert et de la relation.
L’analyse bioénergétique contemporaine intègre en particulier les connaissances apportées par ce courant autour de l’attachement, assez présent dans la psychologie d’aujourd’hui. Il met en avant l’importance primordiale des expériences
d’attachement dans le développement de la personnalité et dans les pathologies psychiques. Ce courant et les recherches au sujet des relations précoces mères/enfants, montrent que le développement du Soi est un processus relationnel. L’unité psychosomatique de la personne dépend de la qualité des expériences d’attachements. Quoi de plus logique, l’attachement est une expérience psycho-corporelle. Un nourrisson ne va pas se sentir aimé si il n’est pas touché, regardé, et si on ne lui parle pas.
L’expérience affective qui était au départ conçue comme bi dimensionnelle (Reich), impliquant des processus mentaux et corporels, est conçue comme tri dimensionnelle. Elle implique des processus corporels, intrapsychiques et relationnels.
En lien direct avec cette perspective, l’analyse bioénergétique est vue comme tri dimensionnelle : elle intègre un travail corporel, transférentiel et relationnel.

De quoi est fait le travail thérapeutique corporel

Le travail corporel, comme dit plus haut ont pour but la restauration de trois fonctions de base du Soi : la perception de soi, l’expression de soi et la possession de soi.
Nombres d’exercices ou d’interventions corporelles ont été conçus pour travailler à l’un ou l’autre de ces registres.
En ce qui concerne la résolution des crispations chroniques, il y a trois stratégie physiques de base : étirement du muscle, mobilisation par du mouvement, (expressif ou non), et pressions manuelles (pressions fortes ou douces).
Certains exercices combinent un mélange de deux ou des trois.
La mobilité corporelle (le versant physique de la mobilité psychique) comporte différents niveaux.
Il y a la mobilité, qui peut être plus ou moins contrôlée par la volonté consciente (le Moi) et la motilité qui elle est involontaire.
Ce sont des micro mouvements qui accompagnent ou non la mobilité volontaire : des vibrations, frissons, tremblements, frissonnements…Ces mouvements sont liées à de l’expression..Sans la motilité, les mouvements sont mécaniques. La qualité de « présence » dune personne est déterminée par cette motilité. Les exercices servent aussi à ce niveau, en produisant des vibrations ou des tremblements.

Les atteintes sexuelles et les abus

Une des questions posées par les organisateurs du congrès concerne les conséquences pour les enfants, devenus adultes, des abus sexuels.
Je ne vais pas faire une présentation générale et exhaustive des conséquences d’abus, incestes, viols et autres violences sexuelles, mais vous apporter des éléments spécifiques liés à notre pratique « psycocorporelle ».
Les abus sexuels produisent des ruptures dans la personnalité qui auront des conséquences au niveau de son fonctionnement global et aussi spécifiquement au niveau de son fonctionnement sexuel.
Nous constatons que les abus peuvent produire trois ruptures du continuum psychosomatique, selon les circonstances des abus. Une rupture « tête et corps », « tendresse et agressivité », et « coeur et sexe ».
La rupture « tête et corps » se manifeste pas une perte générale des sensations, elle va se produire dans tous les cas ou l’enfant aura été menacé ou se sera senti menacé pour sa survie par l’abuseur. Il aura été forcé à « abandonner » son corps et va s’en dissocier. Les conséquences seront multiples, parmi celles-ci, il lui deviendra très difficile, voire impossible de s’abandonner à la vie en lui, donc à tout émotions ou il va se sentir engagé. Comme dans toutes les situations de maltraitance sa confiance en l’autre sera perdue et avec elle la confiance en la vie en lui.
La rupture « tendresse agressivité » va se produire quand l’enfant est amené à supprimer la réponse ’agressive suscitée par l’abus. Cette condition peut être la conséquence directe de l’abus ou le fait que l’enfant ait été obligé de se taire par d’autres personnes (parfois la famille). L’enfant va rester coincé dans une ambivalence « amour haine ». Ce sera souvent le cas quand l’abuseur est une personne connue et appréciée de l’entourage.
La rupture « coeur et sexe » concerne des enfants qui aimaient l’abuseur, ou dont le corps a eu une réaction de plaisir. Dans ces cas l’abus est une atteinte a leur « masculinité/féminité ». La rupture coeur et sexe va empêcher de vivre plaisir sexuel et amour.

Le travail avec les enfants et la famille

L’analyse bioénergétique s’est développée principalement comme psychothérapie individuelle et de groupe pour adultes.
Depuis une dizaine d’années des psychothérapeutes en analyse bioénergétique travaillent avec des enfants et des adolescents. Livre de Christa Ventling.
Témoignage de ma collègue en Ab qui a développé une pratique thérapeutique avec des enfants.

Le travail corporel en dehors de la thérapie

Classiquement le travail corporel « bioénergétique « est pratiqué dans le cadre de la thérapie, bien qu’un « manuel » d’exercices a été édité par Lowen qui encourage ses patients et les thérapeutes à les pratiquer quotidiennement.
Un des outils de l’analyse bioénergétique étant la résonnance, la mobilité et la présence « psychocorporelle » du thérapeute, la pratique des exercices ou d’autres pratiques psychocorporelles, fait partie du travail du thérapeute.
Par ailleurs, une pratique nouvelle est en train de se développer, il s’agit de la pratique de « classes d’exercices bioénergétiques » appelées aussi « groupes de mouvements » en dehors du contexte de la thérapie.
Cette pratique est tellement développée en Amérique Latine qu’elle fait l’objet d’une formation spécifique.
Ces groupes de mouvements sont fait avec des enfants dans des institutions, et dans les rues, avec des adolescents, dans des institutions, dans des écoles et enfin avec des adultes dans des contexte de travail communautaire, d’organisations non gouvernementales, etc….

 

Violaine De Clerck
Psychothérapeute et formatrice en analyse bioénergétique
356 A rue Engeland 1180
02 ;375.73.47.